Sani, un jeune camerounais qui, comme beaucoup de personnes (Africains), a rallié l’Europe grâce à la nage, nous raconte :

« Aux termes de l’article 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme, chacun est libre de circuler et d’aller là où il veut. Entendre par là que tout le monde a le droit de voyager. Mais on se rendra compte que les droits humains n’appartiennent qu’à une partie minoritaire de quelques pays du monde. Si ce sont les Africains qui veulent voyager, c’est toute une difficulté qui s’impose et c’est carrément le contraire pour les Européens.

 

En Afrique, il y a un manque d’une base éducative qui serait prometteuse. Après les études quelles sont les finalités ? Que peut-on vraiment faire ? C’est de là que commencent les tentatives d’émigration.

 

L’Afrique est complètement méconnue de l’Europe et ça s’est fait grâce au système selon lequel l’Afrique ne doit pas être connue. Cependant, c’est à nous de montrer aux Européens la vraie face de l’Afrique. Leur montrer que ce qu’ils pensent de l’Afrique n’est pas la réalité en tant que tel. Leur faire comprendre qu’on n’est pas hanté par cette volonté de vouloir migrer à tout prix. Le but des Africains n’est pas de venir en Europe, au contraire, on a juste besoin qu’on nous facilite cette voie d’intégration. C’est à nous de changer l’image que l’on a vis-à-vis de l’Afrique parce que ce n’est pas ça nos réalités. L’Afrique a juste besoin que l’Europe la laisse en paix.

 

Nous devons d’une façon ou d’une autre participer au bon fonctionnement de la société sans xénophobie. Une société diverse c’est ce qui serait la plus belle à avoir. Chaque fois des millions de jeunes africains périssent en mer en voulant aller chercher, en vain, « des conditions de vie meilleures ». La route des pirogues (la routa de las Cayucos) a ôté la vie à beaucoup de nos enfants.

 

L’Europe a mis en place plusieurs outils pour sécuriser ses frontières, surveiller la mer en permanence. Mais on doit se poser une question qui devrait interpeller le monde entier. Avec tout le contrôle mis en place, comment peut-on expliquer le fait que les gens continuent de mourir en mer ? Si c’était des Européens qui mourraient en mer la réalité allait être différente. Le monde doit beaucoup à l’Afrique. Et on est continuellement torturé psychologiquement.

 

Le nombre de personnes qui ont perdu leur vie est inconnu, sinon on se limite juste à donner des chiffres qui sont loin d’être la réalité. On voit seulement ces chiffres, mais derrière ceux-ci, il y a des vies, des familles, des histoires... On doit dire les choses telles qu’elles sont. On ne doit pas être des vendeurs d’illusions. Le cœur de l’humanité est en train de se transformer en pierre. Il n’y aura jamais de chiffres exacts de morts et parfois on a tendance à oublier ceux qui périssent dans le désert. Il faut qu’on ose dire la vérité parce que l’histoire on la connaît.

 

Il y a des pays africains qui accueillent beaucoup plus de réfugiés que l’Europe. 

Il faut qu’il y ait un éveil des consciences. Que l’Europe cesse de dire qu’elle n’a pas d’espace. Il faut se demander pourquoi les jeunes africains migrent vers l’Europe. C’est parce qu’il y a, au fond, cette richesse que les Européens nous soutirent. Le système de bien-être de l’Europe ne peut pas se maintenir sans l’Afrique. »

 

Et il a terminé ses propos par cette citation d’Albert Einstein : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, sinon par ceux qui le regarde sans rien faire ».

 

Le Centre Culturel Aminata, dans le cadre de son projet pour permettre aux jeunes d’avoir une autonomie à travers la communication et la culture, essaye d’éradiquer ce problème lié à la liberté de voyager. Et pour ce faire, l’ONG Hahatay permet à bon nombre de jeunes de pouvoir voyager librement sans contrainte aucune.





Cet article a été produit dans le cadre des activités du projet "Communication et culture pour l'autonomisation des femmes et des jeunes depuis le Centre Culturel Sunu Xarit Aminata à Gandiol, Sénégal"   réalisé par Hahatay, en collaboration avec KCD ONGD et financé par la Mairie de Bilbao.

 

 

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